Carte du Diocesis Cenomanensis du XVIème siècle - On distingue vers le bas « Vadum Celardi » c’est une forme particulière de la latinisation du nom de « Gué pour Vadum, et de Celardi pour Célard », ce qui pourrait être du « bas latin », mais qui n’en est pas, pas plus que du francique - Document des A.N..F à Paris, reproduction authentifiée acquise pour collection personnelle.
Bocage Guécélardais,
Le bocage guécélardais, apparaît beaucoup plus come une oeuvre humaine, que comme une conséquence de la nature. Cette mosaïque juxtaposée de parcelles agricoles, de toutes formes géométriques, de petites et moyennes grandeurs clos par des haies, épaisses et parfaitement entretenues, définissent le terme de « forêt linéaire .
A Guécélard , c'est une alternance, de terres labourées, et de pâturages, là où un filet d'eau courante plus ou moins important, passe. Le châtaignier est l'arbre roi, une prolifère dans notre campagne, son existence provoque une fabrication spécifique : le sabot en bois, le fameux « boëton » : frais en été, chaud en hiver; et la fabrication du fameux « bardeau » - tuile en bois de châtaignier, isotherme, imputrescible, remplaçant dans notre commune, le chaume, précédant d'un siècle 1/2, l'usage de la tuile en terre cuite.
Couverture en bardeaux de châtaignier, exitant encore dans le vieux bourg en 1955 - Photo collection A.G.
Guécélard c'est l'univers de la petite et très moyenne superficie, l’étendue cultivée s’étend, l’unité de l’exploitation rurale doit-être ajustée aux forces et aux besoins de la famille. La petite tenure d’un seul tenant, protégée par une haie vive, que l’on détecte aux Archives Départementales de la Sarthe, dans l’examen des baux à cens qui portent souvent sur une parcelle unique : véritable loyer de la terre, redevance récognitive - obligatoire où deux appellations émergent,
- bordage, désigné dans les textes : bordagium, pouvait couvrir sur 120 à 28 journaux,
- ouche, unité inférieure révélée dans des actes : osaca sa superficie variait de 4 à14 journaux,
le « journal » - était la superficie qu'un homme normal pouvait bécher, travailler, faucher en une journée . L'équivalence : 2 journaux à 2 journées 33 suivant les régions sarthoises, étaient égales à un hectare.
L’ouche est la pièce de terre voisine de l’habitation : « ….concedo habitationem….Joffridi Rufi….ego quoque….do eis oscar que est juxta…. » -elle confine au jardin « ……unum ortum cum olca et pertinente…… » - close d’une haie vive « ….oscar de la sauvagère sicut continentur infra sepe…. ». Cette petite portion de terrain est l’annexe fondamentale de la chaumine et du jardin, identifiée par le demi-arpent octroyé au paysan, pour l’inciter à s’établir dans les possessions de l’Abbaye de la Coulture.
Le groupe familial vivant sous le même toit sera dénommé plus tard : feu, et servira d’assiette à l’impôt à partir du XIVème siècle. Les démographes estiment le feu dans une fourchette de 4 à 6 adultes en moyenne. Les coutures ,pour utiliser un vieux terme, ne donnaient des épis ni bien lourds, ni bien épais.
Un document du XIVème siècle, fait état du rendement, d’une bonne année : quatre muids de froment, par Bonnier, soit à peine deux hectolitres par hectares ( de nos jours approximativement 50 quintaux et même plus ) . Le bétail joue un rôle de premier plan, cependant avant le XVème siècle, la combinaison agro-pastorale n’était pas assez étroite pour que l’apport de l’engrais animal pût beaucoup compter. La glèbe conquise sur la nature, n’était qu’une conquête provisoire, parfois éphémère, en tout état de cause exigeante.
Le 10 août 1539, à Villers-Cotterets, une Ordonnance signée par le roi François 1er, oblige les curés à tenir un registre de baptêmes à transmettre au Tribunal royal. Les décrets des 20 et 25 septembre 1792, créent l'obligation des Registre d'Etats Civils. En compulsant des dossiers de documents épars, j'ai découvert :
*- en 1856, le Bourg de Guécélard aligné de part et d'autre de la grande route : Paris - Nantes, via Le Mans, Guécélard, Angers, comptait 47 maisons, plus ou moins juxtaposées, hébergeant 51 ménages pour 144 habitants ; et le Vieux-Bourg 20 maisons, pour 20 ménages et 60 habitant. La commune de Guécélard était composée de 161 maisons d'habitation, pour 166 ménages et 576 habitants.
Economie
Affinant les recherches, j'ai exploré des cartons aux Archives, contenant des documents validés, pais très disparates. Avec patience, et beaucoup de persévérance, j'ai compulsé , un par un, ces documents, et j'ai découvert qu'en :
*- 1861 : le bourg dit à l'époque le « Petit Guécélard » , s'alignant sur la Nationale, et la partie regroupée vers l'église, qui s'élevait sur la bordure gauche de l'actuel « chemin du Dauphin », comptait 53 maisons, basses alignées da part et d'autre de la grande route, abritant 53 ménages et logeant 157 habitants ; que l'actuel Vieux-Bourg, dénommé le « Grand Bourg », sur les plans, cartes et documents, avait 22 maisons, pour 22 ménages et 77 habitants.
*- 1872 : le bourg avait 54 maisons, pour 57 ménages pour 149, mais il faut y ajouter les lieux-dits du « Châtaignier » et de « la Cure », véritables Quartiers, prolongement contigus au bourg du Guécélard et regroupant 25 maisons, pour 26 ménages et 93 habitants. Le Vieux-Bourg : 22 maisons, 23 ménages et 80 habitants.
*- 1876 : Le Bourg proprement dit de Guécélard, situé sur la route dite Nationale, , du « Point du Jour » au « Dauphin », 46 maisons pour49 ménages, zt 173 habitants, le Vieux-Bourg : 20 maisons, pour 20 ménages et 56 habitants ; la population globale de notre commune : 547 habitants.
Cette époque, connaissait, et vivait au journalier, l'animosité exacerbée entre la partie Filléenne ( 585 habitants ), , et la partie Guécélardaise ( 579 habitants ), dont la base incontournable était : Fillé avait au Conseil Municipal ( 12 membres ) : le Maire, L'Adjoint et 5 Conseillers, or que Guécélard n'avait que 5 Conseillers, et aucun Adjoint ; d'où un disfonctionnement permanent, Source complémentaire conflit, le « passage de la rivière Sarthe » , pour se rendre à la Mairie de Filléredevance de 0,20 c. par traversée, et souvent la pertd'une journée de travail : le salaire d’un ouvrier, d’un employé, c’est-à-dire le gain d’un homme non compris la nourriture était à Guécélard de 0,50 fr. par jour, 0,60 à La Flèche, et 0,90 au Mans.
En parallèle, aux demandes de séparation de Guécélard, avec Fillé, la section : Guécélard, progressait vers une Economie plus importante, plus structurée ; ainsi on note :
- en 1856 : 76 cultivateurs-fermiers,
- en 1872 : 85 bordagers-fermiers-cultivateurs pour 2472,48 journaux exploités ce qui donne très approximativement convertis en hectares 1063,12 hectares , soit des exploitations d'une moyenne de 12,51 hectares , ne tenant compte que les bordages varient 4/5 à 9 hectares.
*- 1901 - Guécélard totalisait 170 maisons, pour 170 ménages et 475 habitants.
*- 1911 - 159 maisons pour 159 ménages et 484 habitants, dont 50 maisons au Bourg pour 112 résidents,
*-1921 - 154 maisons, 154 ménages pour 506 habitants ; dont 38 maisons, 38 ménages 91habitants dont 1 étranger.
*- 1926 - 150 maisons, 157 ménages et 445 habitants - au Bourg 33 maisons, 35 ménages et 81 habitants,
*- 1931 - 147 maisons, 154 ménages, 502 habitants - Bourg côté gauche de la route Le Mans-Angers : 15 maisons, 17 ménages, 46 habitants ; coté droite de la route précitée, 14 maisons, 16 ménages, 44 habitants ; Vieux-Bourg : 12 maisons, 12 ménages, 31 habitants.
*- 1936 - 134 maisons, 144 ménages, 437 habitants ; Vieux-Bourg : 12 maisons, 12 ménages , 28 habitants.
Topologie
Tout semble s’enchaîner, lorsque le plancher cambro-silurien de la région de La Chapelle d’Aligné se rehaussa. La rivière Sarthe, cessa d’être un affluent droite du Loir, et son cours obliqua vers l’Ouest, pour confluer sur la gauche avec la rivière Mayenne, et former la Maine - à une alt. +14. La paléogéomorphologie du creusement de sa vallée, démontre que la rivière décrit un vaste méandre au Sud-est de La Suze, quant aux migrations latérales dans les sables cénomaniens , comme celles de Guécélard, elles sont également partiellement imputables aux variations climatique de la période postglaciaire antérieure à 9.500 ans. La confluence du Rhonne - alt. +36,6 et de la grande rivière, évoluant d’Arnages, à l’enrochement interglaciaire de Mondan par « radeaux de glace », depuis les Alpes Mancelles d’où cette curiosité géologique de « confluence inversé ou à contre courant ».
Les périodes postglaciaires, qui suivirent la dernière grande glaciation de Würm, provoqua le développement de vastes forêts mixtes, de l’éperon où devait s‘édifier Le Mans, à la couronne forestière angevine. C’est en premier, dès la château royale du Gué de Maulny, la Forêt du Mans - avec le campement de Pépin le Bref, l‘épopée d‘écrite Adené le Roi, et chére à Josephe Chatrou, puis la prestigieuse forêt de Longaulnay, couvrant 11.000 hectares et par la forêt, et par la forêt de Malpaire, rejoindre l’Anjou, dont il ne subsiste que quelques « Deffay » vers Doucelle.
C’est là où se termine la forêt du Mans et où commence celle de Longaulnay, qu’un chemin de terre, tracé par les passages répétés, dans un sens et dans l’autre par les pieds nus de bipèdes homonidés, coupa le cours d’une petite rivière qui devait s’appeler beaucoup plus tard le Rhonne - Rosne - Rône - Ronne et toutes les variantes ; en un endroit précis, qui le permettait.
Cet antique chemin, reconnu et authentifié par des d’éminents Historiens sarthois comme Paul Delaunay, Maulny ; Hurel, Cauvin, André Bouton et d’autres, cher à Madame Anne Fillon, Professeur Ermite à l’Université du Maine et à Monsieur Clément, Historien à Foulletourte fut dénommé : Grand chemin Mansais - Grant Chemeing Maczois dès le IXème siècle - Cette section sarthoise a été insérée très tôt par le Scientifiques, dans la « route du cuivre » , dès le Chalcolithique soit vers -3.700 ans avant ootre ère, voie terrestre facilitant l’important trafc du minerai de cuivre natif, extrait à La Haya dans le Pays Basque espagnol. Acheminé par d’importantes caravanes d’animaux porteurs, qui par cette route, visuellement à la côte atlantique, remontait, franchissait le Loir aux Ponts de Gennes, traversant la Sarthe, via Guécélard, passait la Seine à Pont de l’Arche, par Beauvais, le Seuil du Vermandois,la vallée de la Meuse, Namur, gagnait les Pays de la mer du Nord, puiis la Scandinavie - route authentifiée, et validée par l’archéologie.
Pépite de cuivre natif, trouvée avec d’autres dans un tas de gravats destinés au dépotoirs, lors de la réfection du chemin dit « aux boeufs », dans les années 1950 - Analysé en labo, origine déclarée : mines de La Haya - Pièce acquise intégrée dans une collection personnelle;